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"Toutes nos passions se reflètent dans les étoiles" Victor Hugo.

Archives pour la catégorie "Politique et Histoire"

"Sans liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur..."

Le 04 mai 2010 à 18:00 dans Politique et Histoire, 83 lectures

Cette forte pensée de Beaumarchais qui va à l'encontre de la pusillanimité de pas mal d'hommes publics contrecarre quelque peu le propos de M. Chevènement régulièrement mis au goût du jour : "Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne..." (confère Madame Nadine Moreno à Madame Rama Yade il y a quelques mois).

Qui veut une Maison forte et dynamique ne pratique pas la langue de bois et surtout ne se complait pas avec des serviteurs larvaires et béni-oui-oui.

Au douxième siècle le philosophe néo-confucéen Zhu Xi (un grand coup de chapeau pour lui aujourd'hui) enseignait à l'Empereur dans son "Mémoire sur la situation de l'Empire" (Wu-Shen fengshi)

"Quand on fait appel pour des postes de ministres à des hommes fermes et droits, il faut craindre en effet qu'ils ne viennent gêner nos affaires et ne nuisent à nos gens, nous empêchant d'agir à notre guise. Voilà pourquoi lors de la procédure de sélection, on commence généralement par écarter et ne pas prendre en considération ce type de personnes, avant de faire appel et chercher conseil auprès de gens lâches et malléables qui n'osent même pas en temps ordinaire s'exprimer ouvertement ni afficher un air sérieux. On retient alors parmi ceux-ci les plus médiocres et les plus veules, ceux dont on peut être absolument certain qu'ils n'opposeront jamais la moindre résistance, pour les promouvoir et les nommer à de hautes fonctions..."

A méditer...

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Le vin dans l'Antiquité

Le 18 octobre 2009 à 10:55 dans Politique et Histoire, 249 lectures

Quelques passage d'un article "entretien" de Jean-Robert Pitte (Le Monde des religions mai 2009)

Pitte est membre de l'Académie des sciences morales et politiques

A la question "le vin et la vie sont étroitement liés dans les mentalités du Proche Orient..."

"C'est un mariage de concepts extrêmement ancien. Avant la découverte de Pasteur (...) personne ne comprenait pourquoi ce jus de fruit livré à lui même se mettait au bout de deux ou trois jours à picoter puis à bouillonner et à devenir un breuvage aux effets extraordinaires : l'euphorie, l'enivrement, avant de faire sombrer son consommateur dans la violence, la folie ou l'abattement complet. Ce mystère impressionnait beaucoup les anciens. Celui du pain (ici le rapprochement pain et vin est très intéressant...) en mélangeant de la farine avec de l'eau et un peu de levain, le produit se met à gonfler comme le ventre d'une femme enceinte. C'est en raison de ces mystères, de cette magie commune, que toutes les civilisations de l'Antiquité ont associé le vin et le pain à la vie au monde des dieux.

A la question : « quant à l’eucharistie ? »

On a du mal aujourd’hui à comprendre le Christ lors de la Cène lorsqu’il dit : « Ceci est mon sang… » Mais dans l’Antiquité, ces propos paraissaient évidents car en phase avec les mythes païens qui précédèrent le christianisme, dans les religions du Caucase, dans celle de l’Égypte pharaonique (…) et surtout dans la religion grecque. La mythologie de Dionysos présente d’étonnantes similitudes avec le destin du Christ. Tous deux sont nés de l’union d’un dieu majeur, Zeus ou du Dieu unique, avec une mortelle ; tous deux manifestent leur gloire par une épiphanie et une résurrection. En travaillant sur le vin, j’ai été frappé par le rapport entre le symposium (le rituel se déroulant au cours du banquet grec) et la messe concélébrée. Je n’avais pas mesuré cette incroyable proximité. Le christianisme s’est il posé dans un contexte culturel certes juif, mais aussi grec.

Q : le vin a même à vous lire, quasiment toujours existé…

Les ancêtres des vignes actuelles remontent à environ 140 millions d’années. Mais le vin apparaît entre le Vie et Ve millénaire avant notre ère dans les montagnes qui entourent le Croissant fertile. Depuis la Bible, la vigne et le vin sont partout présents. Comme ils sont en parallèle dans les mythologies mésopotamienne et égyptienne qui accordent une certaine place au vin. (J’ai en mémoire de magnifiques vues de mastabas avec des peintures de vigne…). Les Grecs en ont ensuite fait un dieu, Dionysos. Ce dernier n’est pas seulement le dieu de la vigne, qui est l’un de ses attributs ; il devient vin lors du rituel du symposium… C’est le dieu lui-même que boivent les participants en se passant la coupe de main en main… L’idée a été reprise par les Romains, qui ont transformé Dionysos en Bacchus. Le christianisme apparaît au moment où le dionysisme est le plus développé et répandu. Il l’est tout spécialement en Méditerranée orientale, par exemple en Palestine (Gaza)

Q : Vous dites que pour les Juifs, le vin est là pour aider les hommes à exercer leur liberté, à en user sans en abuser…

On retrouve cette idée dans plusieurs textes bibliques (les Proverbes, les Juges). Mais c’est aussi très grec. Les effets bénéfiques du vin vont croissants jusqu’à une certaine dose. Sans excès, il rend joyeux, plus heureux, plus philosophe, le meilleur exemple étant celui du Banquet de Platon. Ce qui est formidable est de savoir soi-même ce qui est bon pour soi sans tomber dans l’alcoolisme, la dégradation du soi. Cela apprend à se maîtriser, ce qui est le principe même de la civilisation, où tout est question de maîtrise.

Q : l’Islam lui, a préféré l’interdire dans les sourates tardives…

Il y a un basculement dans les sourates tardives, dites de Médine, qui abrogent les premières, dites de la Mecque, qui sont bien plus tolérantes, voire qui encouragent la consommation du vin. Après avoir dit que le vin était merveilleux, le Coran interdit la boisson. Une chose très mystérieuse est de constater que l’Islam a hélas surtout retenu les dernières sourates, qui ne font pas confiance aux fidèles et le privent de la boisson qui coulera dans l’un des fleuves du Paradis parce elle représente des dangers lorsqu’elle est consommée à l’excès. Le judaïsme et le christianisme reposent au contraire sur la confiance que Dieu fait aux hommes. Dieu sait pourtant que ces derniers peuvent le trahir et vont le faire.

Q : Peut-on assimiler l’absorption de vin à une démarche spirituelle ?

Il y a tant d’aspects dans le vin qui sont en correspondance avec la spiritualité… La vigne est mort et résurrection. Elle a l’air de mourir en automne lorsqu’elle perd ses feuilles. On la taille pour qu’elle renaisse. De nombreux psaumes y font référence. Puis la vigne pleure avant de faire ses bourgeons. En quelques jours elle grandit de plusieurs centimètres. C’est une puissance de renaissance très impressionnante et la raison pour laquelle Dionysos fut le dieu de la renaissance. Son épiphanie se fêtait en janvier... l’apparition du Dieu arrive au moment où la vigne à l’air complètement morte… Le moment où en réalité, la sève commence à monter. Phénomène encore plus beau : une fois fermenté et mis dans des bouteilles pour qu’il vieillisse, le jus de raisin fait ressortir le goût du terroir. Un bon vin bien fait et vieilli exalte donc les qualités du lieu où il est né et des gens qui l’ont fait. (N'en est-il pas de même des hommes...)

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En son temps Hu Yaoban l'avait déjà dit...

Le 14 juin 2009 à 20:12 dans Politique et Histoire, 147 lectures

Avec un peu plus de justice sociale il y aurait eu sans doute moins de colère...

Un extrait du MONDE du 13.O6.2009

Une ONG chinoise remet en cause la version officielle sur la révolte tibétaine de 2008 

Shanghaï (Chine), Correspondant

Plus d'un an après les manifestations qui ont secoué Lhassa en mars 2008, une organisation non gouvernementale (ONG) chinoise ose prendre à revers la thèse officielle et simpliste sur les événements, en publiant les résultats d'une enquête d'un mois sur le terrain, dans la province du Gansu, près de Xiahe et Hezuo, ainsi qu'au Tibet même, à Lhassa et Haidong.

Rédigé par quatre chercheurs pour le compte de l'ONG Gongmeng (ou Open Constitution Initiative), un tel rapport, qui soulève des questions taboues en Chine, aurait difficilement pu voir le jour s'il n'avait pas été le fait de Chinois Hans (population majoritaire en Chine), oeuvrant sous couvert de recherches universitaires.
Gongmeng, fondée en 2003, n'est autre que la plate-forme des "avocats des droits de l'homme". Plusieurs de ses membres ont par ailleurs entrepris ces derniers mois de défendre des Tibétains accusés de divers crimes suite aux troubles de 2008, non sans s'exposer au harcèlement policier.
Intitulé "Rapport d'enquête sur les causes sociales et économiques de l'incident du 14 mars dans les zones tibétaines" - ce jour-là, ont eu lieu au Tibet les plus importantes manifestations depuis celles de 1989 à Lhassa -, le texte d'une quarantaine de pages annonce très vite la couleur : au-delà des prétendus "facteurs externes" qui ont contribué à échauffer les esprits au Tibet en 2008, les auteurs notent combien ils ont ressenti, sur place, "le mécontentement populaire et la colère qui se cachaient derrière les incidents, et la complexité de leurs causes sociales".
Il serait vain, expliquent-ils en substance, de faire l'économie d'un débat "autour des causes historiques de ces contradictions", des "questions de sentiment religieux et d'identité ethnique" ainsi que de "la réalité profonde des problèmes de conflits d'intérêts" au coeur de ce mécontentement. Ils s'en prennent ouvertement à la "surexposition de la violence du 14 mars par la propagande" à travers les médias, qui n'a conduit qu'à "attiser les rancoeurs entre Hans et Tibétains".
En s'intéressant à l'entreprise de modernisation du Tibet par le gouvernement chinois, l'enquête révèle les limites des politiques de "développement rapide" lancées dans les années 1990, qui ont en réalité "créé les bases d'une marginalisation accrue" des Tibétains. Ce sont "les nouveaux venus, les Non-Tibétains, qui sont les premiers à bénéficier (de la) stratégie de chances pour tous" à Lhassa et ailleurs, soulignent les auteurs.
Surtout, "une nouvelle aristocratie" s'est substituée à l'ancienne. A la tête de "ressources sociales complexes", elle est "plus puissante que l'ancienne aristocratie" et a adopté des "pratiques rentières". Son pouvoir provient "d'une source de légitimité externe", le gouvernement central, ce qui accroît l'aliénation de la population. Le prétexte du "maintien de la stabilité", les "accusations de séparatisme", ou "de forces étrangères" masquent comme "un cache-sexe les erreurs de gestion (des dirigeants locaux) justifiant la répression du mécontentement populaire", lit-on. L'extrême indigence des politiques culturelles et éducatives en langage tibétain a contribué, constatent les auteurs, à créer une jeunesse tibétaine désoeuvrée et ignorante de sa propre histoire culturelle.
Enfin, le rapport considère que le "bouddhisme tibétain", qui "est à la base du système et de la culture traditionnelle tibétaine, non seulement ne devrait pas être considéré comme un obstacle à la modernisation mais plutôt comme une base sur laquelle il faut compter pour la promouvoir".
L'enquête de Gongmeng est bienvenue dans le contexte d'omerta qui règne autour de la question tibétaine en Chine : de source chinoise et indépendante, elle confirme et nourrit la plupart des problèmes exposés par les ONG tibétaines en exil.
Accessible en ligne, sa diffusion reste toutefois confidentielle - aucun média chinois n'en a encore fait l'écho. Mais elle a tout lieu de ne pas passer inaperçu à Pékin. "Le but est de proposer des idées constructives au gouvernement. Il est indispensable d'avoir des voix plurielles lors d'un événement aussi complexe que celui du 14 mars", confie, à Pékin, Zhang Boshu, professeur à l'Académie des sciences sociales. Proche de Gongmeng, il est l'auteur, en 2008, d'un texte corrosif sur le rôle historique du Parti communiste du Tibet.
"Le problème du Tibet est avant tout une question des droits de l'homme. Mais ce n'est pas que cela. Les violations des droits de l'homme sont un effet, et non une cause. La cause du problème du Tibet, c'est un système dictatorial irrationnel", y écrit-il.

Brice Pedroletti

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Le Tibet, Pays des Neiges. Ou, pour y voir un peu plus clair dans le conflit sino-tibétain

Le 11 mars 2009 à 08:29 dans Politique et Histoire, 734 lectures

Plan de cette réflexion :

- Préambule
- Introduction
- Démographie
- Sociologie
- Religion
- Géographie
- Histoire ancienne
- Histoire contemporaine
- Conclusion

Préambule :

Notre monde est un village. Tous nous sommes interdépendants les uns des autres. Les nationalismes de tout crin à vouloir préserver leur pré carré ne font que ralentir pour un temps la marche inéluctable de l’Humanité vers une union harmonieuse des peuples. L’eau et la terre (les richesses minérales), le fruit du travail de tous les hommes doivent être partagés dans le seul but du bonheur de tous, car il est inacceptable de savoir, ici et maintenant, qu’un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes en l’état actuel des choses… C’est avec cet état d’esprit et ce pitoyable contexte humain que sera analysé avec principalement l’aide de spécialistes (cf infra la bibliographie) le conflit sino-tibétain… et ce préambule sera en harmonie avec une conclusion où seront citées les paroles du 14e Dalaï Lama.

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